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estratto da
Irana

2001-2
-- trama --

Streghe
di periferia
testo integrale

atto unico - 2004

-- trama --

 

Irana

Anno 2100, Irana abita in una delle città dell'impero. Gorgo è un agglomerato urbano sulle rive di un antico corso d'acqua. Il tempo del passaggio è arrivato all'improvviso, Irana è costretta a fuggire da sé e vaga per la città alla ricerca di indizi che la conducano sulla soglia.

Irana pensava che i circuiti del cuore potessero essere ricostruiti con semplici fili di rame e qualche grammo di mercurio; il problema era dosare il minerale che sempre tendeva all'eccesso. Erano necessari strumenti di precisione che non si trovavano più nei cimiteri degli agglomerati perché troppo preziosi. I circuiti del cuore erano questione di micromisure e di nano nodi cosmici. Ma il principio è semplice, si diceva: rame, mercurio e qualche granello di sale; all'ombra del vento ottenere qualche sequenza di fredda emozione.


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Streghe di periferia

Streghe di periferia è stato selezionato al concorso "Schegge d'autore 2007" e sarà messo in scena a Roma 1, 2, 3 maggio al teatro Tordinona.

è stato pubblicato nel volume del concorso premio san vitale 2006 tradizioni, traduzioni

Tre donne immigrate si incontrano al capezzale di un bambino febbricitante in una casa modesta alla periferia di una grande città. Antonietta, la madre, viene dalla campania, ed è disperata per la situazione del figlio. Fatumata, la vicina, di origine senegalese, si offre di curarlo con i riti del proprio paese e coinvolge anche la sua amica Rosaria, cilena, che le raggiunge. Rosalia propone un rimedio che le ha insegnato sua nonna e, tra un chiacchiera e l’altra e un buon caffè, il bambino miracolosamente migliora…


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Irana
Deux heures#@ s'étaient écoulées. Elle n'ouvrit pas la porte. Elle s'enfuit en descendant les escaliers à toute vitesse.
Dehors l'obscurité humide de Gorgo avait gagné les rues et ses habitants. Un fourmillement opaque de corps, de roues, de tôles, de plastiques, de formes de synthèse traversait l'air épaissi par les gaz multicolores. Irana se laissa emporter par le gouffre en mouvement, il lui suffisait de s'accrocher à quelqu'un ou à quelque chose qui bougeait et faire descendre les roues au-dessous des bottes. C'était comme ça qu'elle arrivait à réfléchir le mieux, sans besoin d'écarter et d'éviter les gens et les différents engins mobiles pour pouvoir marcher. C'était une question de poids. C'était vraiment pratique si on ne devait aller nulle part.
L'unique explication qu'elle avait pour éclaircir les étranges phénomènes

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des derniers jours était qu'elle avait des absences. C'est la distance en moi. Absence, distance, cela allait de soi. La pression au niveau du thorax était encore là, une espèce de combustion lente et acide qui rendait presque abrasive sa respiration. Une enclume immobile pesait au milieu de sa poitrine et demeurait à la place du cœur qui restait muet là, quelque part, entre les veines. La colère avait un goût amer.
Qui lui avait dit que ce genre d'absences dépendait du réchauffement du mercure dans les poumons ? Ses paumes avaient repris la couleur sèche du désert et les sillons qui les traversait étaient rouges et enflammés comme des nouvelles cicatrices. Ce détail n'échappa pas à Irana, mais elle était trop abasourdie pour y prêter attention.
Elle changea de direction en s'accrochant au gouffre qui allait du côté opposé. Il

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fallait trouver une personne, la personne avec laquelle en parler. Il lui fallait des alliées et vite.
" Rien de nouveau sous le soleil " lui dit Zzet en e-conférence. " Tu te mets dans les situations les plus à risque et après tu te demandes toujours qu'est ce qu'il t'arrive. Tu écoutes trop ton cœur, je te l'ai toujours dit. Il ne faut pas s'égarer dans les symbolismes ! Fait attention à toi, ma grande. Bon, je doit te laisser maintenant. J'ai un téléparty avec des nouvelles I.e.s (Intimes/electro/sorcières) je t'aime beaucoup".
" Merci Zzet, j'aimerais être là avec toi, tu me manques ",
" Toi aussi, c'est horrible, ciao ! "
Un jingle guttural interrompra la communication. Zzet étais sa plus proche alliée depuis longtemps ; par les vibrocapteurs greffés sous les phalanges, elle sentait

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quand sa sœur était en danger. Son attitude laissait penser qu'il n'y avait pas de danger à proximité, finalement. Mais Zzet avait les greffes perturbées depuis qu'elle était devenue accros au jeu du Kraal. La vérité restait insaisissable. C'est la distance en moi. Irana se senti encore plus seule entre les murs de ce virtualpoint ; la multitude de gens autour d'elle lui donna la nausée. A l'extérieur, une petite brise commença alors à se lever, le vent du désert recommençait à souffler. L'immobilité de béton qui semblait déjà éternelle se dissout. Elle respira profondément ce vent tant attendu, puis elle prit un peu de temps pour découvrir d'où il arrivait. Après quelques évaluations à l'electroboussole de son bio-port elle en déduit qu'il provenait de l'est mais elle n'en était pas complètement sure. Ces gadgets ne servaient pas à grand chose, mieux lever le doigt mouillé. Vent de l'est, vent du réveil.

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L'exil qu'elle s'était forgé, jour après jour, rassemblait à une forteresse, avec de portes souvent fermées à double tour et des fentes d'où, de temps en temps, on pouvait regarder dehors, getter un œil sur le reste du monde. On voyait sans comprendre, la plus part du temps, et surtout sans pouvoir y toucher. Mes mains son des cordes. Tu sais les accorder.

Un son de cloche l'averti de l'arrivé de Syl dans la petite salle ronde aux haut plafonds. Par les verrières filtrait une lumière de crépuscule qui illuminait le puit en fer battu situé au milieu de la pièce. La reconstruction virtuelle de l'ancien Palazzo del Pozzo à Venise était l'un de ces lieux de rencontres dont régurgitait le réseau. L'avatar de Syl était une silhouette élégante avec un riche manteau baroque sur les épaules, une espèce de racine végétal à la main et une tête d'ange. Depuis qu'elles

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se donnaient rendez vous dans cette ville virtuelle les distances avaient pris une dimension plus intime et derrière son clavier Irana se sentait moins seule.
Cependant, les codes de politesse que le cadre obligeait lui paressaient parfois grotesques.
-Te voilà, enfin !
-Enfin Irana…Quel fauve t'amène en ces contrées ? Et pourquoi donc ces habits de mendiant ?
Irana avait oublié que son avatar underground choquait toujours le goût raffiné des habitants de Venise. -Milles dragons poursuivis des nuages de plomb, ma chère Syl.
-Quel accident t'arrive donc mon amie ?
-J'ai changée, Syl. La solitude dans laquelle je me trouve depuis mon départ du

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secteur B me provoque des visions, il faut que je te raconte ce que j'ai vu.
-Stop Irana. Tu te laisses importer par tes émotions, je le sens dans mes vibrocapteurs, tu sais qu'il n'est pas prudent d'aborder certains sujets en chat….
-Oui, oui, je sais mais c'est vraiment une urgence, je crois !
-Ok, utilise la MI (Missive Instantanée)
Syl fut étonne à la lecture du MI, sa tête d'ange pourtant était toujours figé avec la même expression qu'on avait attribue à son avatar, mais Irana reconnu l'étonnement dans son écriture.
-On dirait que tu vois loin, ma chère ! Comment te sens tu ?
-Prisonnière de Gorgo…
-Ça fait un moment, déjà. C'est depuis que je te connais que tu te plains.
-Alors, disons que je me sens plus prisonnière que d'habitude.

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-Bon écoute, j'ai une idée, je t'envoie un MI.
Le parchemin contenant le MI s'ouvra :
Je pense qu'il faut que tu vois une personne que je connais. Son nom en code est Wings. Quand tu peux, ou mieux quand elle vaudra. Je vais la prévenir mais c'est elle qui te trouvera. Vas dans le secteur 5. A quelques ruelles de la Kathédrale il y a une petite boutique. Entre et choisit le cristal qui te convient. Tu sauras ainsi quand elle sera proche de toi. -C'est infiniment gentil de vouloir venir à mon secours dans un moment critique, Syl.
Un sourire carré s'ouvrait sur la tête de l'avatar à la tunique gris-vert.
-C'est toujours un plaisir de te rencontrer dans ces lointaines contrées Irana. Tu dois m'excuser mais dans cinq minutes j'ai un e-atelier d'alchimie du rire et je ne peux pas manquer.

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-Ah, oui. Le temps passe trop vite.. Quand nous reverrons nous à nouveau ?
Un émoticon avec l'expression inquiète bondit sur les lignes de la chat.
-Plus tôt que tu ne l'imagines ! Ciao belle mendiante, ne te contentes jamais des horizon pixelisés !
Ciao Cavaliera des hautes montagnes.

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